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[EN, FR below]

Performance and media histories are littered with objects: props, posters, postcards, newspaper clippings, costumes, slides, (remains of) technologies, etc. They are pieces of the puzzle we compose every time we try to reconstruct and understand a live event from the past.

However, by the obscure life that is theirs, by their “auratic” power, some objects do not appear as inert human possessions but instead as “actants”, with specific features, energies, and potentials. We call them objets chargés. The charged object imposes its singularity. It is charged because it exceeds its mere instrumentalisation or mere utilisation. In its most paradigmatic form it appears as magical, sacred, supernatural or ritual, as it signals towards a radical elsewhere. It has the power to pull the spectator out of the secular world. It seems to transport its own context – archaeology, archives, ethnology, folklore, fiction – with it, at least for the connoisseur viewer. Traces of elsewhere, proof of the existence of latent forces, condensers of the imaginary, and charged objects summon a world.And, yet, the object lives through the efforts of its mediators who breathe life into it by establishing a link with the spectator: shamans, priests, directors, demonstrators, curators, collectors, antique dealers, auctioneers, archaeologists. Thus, we propose to study this exchange relying upon the dispositive of performer - object - spectator.

And, yet, the object lives through the efforts of its mediators who breathe life into it by establishing a link with the spectator: shamans, priests, directors, demonstrators, curators, collectors, antique dealers, auctioneers, archaeologists. Thus, we propose to study this exchange relying upon the dispositive of performer - object - spectator.

When, where, and how does an object of this type take on a theatrical life and become performative? How does the agency of the object, alongside its aesthetics, manifest itself? What is the impact on performance or staging of this switch from passive object to “actant”? These questions prompt us to think outside of methodologies in theatre and performance studies that feature solely human agents of artistic practice and scholarship.

[FR]

​L'histoire des spectacles (performances) et des médias est jonchée d'objets : accessoires, affiches, cartes postales, coupures de journaux, costumes, diapositives et plaques de projections, (restes de) technologies, etc. Ce sont les pièces du puzzle que nous composons chaque fois que nous essayons de reconstruire et de comprendre un événement vivant du passé.

Cependant, par l’obscure vie qui est la leur, par leur puissance “auratique”, certains objets n’apparaissent pas comme de simples possessions humaines mais plutôt comme des “actants”, dotés de caractéristiques, d’énergies et de potentiels spécifiques. On les appelle objets “chargés”. L’objet chargé impose sa singularité. Non limités à leur usage, ces objets sont toujours en excès, se portant au-devant d'eux-mêmes. Dans ses formes les plus paradigmatiques l’objet chargé apparaît comme un objet magique, sacré, surnaturel ou rituel, en faisant signe vers un ailleurs radical. Il a le pouvoir d’arracher le spectateur au monde profane. Leur charge est telle qu’elle se conserve à travers le temps et l’espace (archéologie, archive, ethnologie, folklore, fiction). Les objets chargés emportent avec eux leur contexte, tout du moins pour le spectateur connaisseur. Traces d’ailleurs, preuves de l’existence de forces latentes, condensateurs d’imaginaires, les objets chargés convoquent un monde.

Cependant, il faut toujours des médiateurs pour les faire vivre et parler afin d’établir le lien avec le spectateur. Ces passeurs peuvent être démonstrateurs, chamanes, prêtres, artistes, conservateurs, collectionneurs, antiquaires, commissaires-priseurs, archéologues, etc. C’est pourquoi nous proposons d’étudier ce phénomène à partir du dispositif : performer - objet - spectateur.

Quand, où et comment un tel objet prend-il une vie théâtrale et contribue-t-il aux événements performatifs (performative events) ? Comment se matérialise l’agentivité des objets et l’esthétique qui lui est liée ? Quel est l'impact sur les performances et les mises en scène de ce passage d'un objet passif à un “actant” ? Ces questions nous incitent à penser au-delà des méthodologies des études théâtrales ou des performance studies, principalement concentrées sur les agents humains de la pratique et de la recherche artistiques.

Comité scientifique / Scientific Committee


This symposium will be organised in the framework of Science at the Fair: Performing Knowledge and Technology in Western Europe, 1850-1914 (www.scifair.eu), a five-year research project at the University of Antwerp, funded by the European Research Council (ERC) and coordinated by Nele Wynants.​

Le colloque sera conduit dans le cadre du projet Européen Science at the Fair: Performing Knowledge and Technology in Western Europe, 1850-1914 (www.scifair.eu). Ce projet, dirigé par le Professeur Nele Wynants, a reçu un financement du European Research Council (ERC), dans le cadre du programme Européen pour la recherche et l’innovation Horizon 2020.

Image: Divination tools © Surnateum, Bruxelles