Denis Banshimiyubusa
Discussion paper 2022.01

Résumé

En fin d’avril 2015, le Burundi a vécu les moments de crise politico-sécuritaire consécutifs à l’annonce officielle de la 3ème candidature de feu président Pierre Nkurunziza à sa propre succession. Si l’officialisation de cette candidature a été interprétée comme une volonté délibérée du président et de son parti, le Conseil National pour la Défense de la Démocratie – Forces de Défense de la Démocratie (CNDD-FDD), de violer l’Accord d’Arusha et la Constitution qui en était une émanation directe, la crise qui en a résulté devrait rester purement politique. Néanmoins, n’ayant plus de ressources politiques à mobiliser et dans le souci de légitimer son combat et son pouvoir issu de sa réélection controversée, Nkurunziza a mobilisé ses soutiens autour des ressources identitaires, ethniques principalement. Pour des raisons différentes, certains politiques burundais, Hutu comme Tutsi, de la majorité comme de l’opposition, se sont laissé entraîner dans ce piège qui a dénaturé la crise et qui a plongé le pays dans une situation de ni guerre ni paix. Certains opposants sont allés même jusqu’à parler de génocide des Tutsi, discours que le pouvoir d’alors a retourné à son profit, étant donné que, malgré l’ampleur des massacres et d’autres exactions dont les opposants au 3ème mandat ont été victimes, le génocide n’a pas eu lieu.​

Mots-clés 

crise politique, identité/conflit ethnique, légitimation.