wp-201710

Entre rejet catégorique et soutien ferme de l’Accord d’Arusha. Analyse de discours politiques burundais.

Gertrude Kazoviyo

IOB Working paper 2017.10

Résumé
Ce papier essaie d’analyser quelques discours tenus par les acteurs politiques burundais autour du processus de paix d’Arusha1 en général et du partage du pouvoir en particulier. L’objet de cette analyse est de dégager les attitudes de principaux locuteurs politiques burundais sur ce processus, destiné à trouver des solutions à un conflit qui dure des dizaines d’années. Bien que les discours des principaux partis politiques et/ou cadres du pouvoir ont souvent adopté des attitudes difficilement conciliables, ce système de partage du pouvoir appelé « partage consociatif » a permis une décennie de stabilité au Burundi depuis les élections de 2005. Des attitudes divergentes et mêmes violentes à travers les discours politiques sont réapparues à l’occasion de la controverse autour de la troisième candidature de Pierre Nkurunziza en avril 2015. Aurait-il fallu exploiter ces discours et traiter les divergences à temps, avant qu’elles ne débouchent sur de nouvelles violences ? L’analyse de discours dégage même des remises en cause de ce système de partage du pouvoir, surtout chez les nouveaux partis, qui visiblement expriment publiquement ce que les plus anciens expriment en privé. Des attitudes qui insinuent ou carrément suggèrent la révision de ce système de partage de pouvoir transparaissent chez les uns et les autres. La résolution de la nouvelle crise occasionnée par la troisième candidature de Pierre Nkurunziza s’y penchera probablement.

Abstract
This paper tries to analyze some of the speeches made by Burundian political actors around the Arusha peace process in general and power sharing in particular. The purpose of this analysis is to identify the attitudes of the main burundian political speakers on this process, aimed at finding solutions to a conflict that lasts decades.
Although the speeches of the main political parties and/or government officials have often adopted attitudes that are difficult to reconcile, this power-sharing system called “consociational power-sharing” has enabled a decade of stability in Burundi. Divergent and even violent attitudes through political discourse reappeared during the controversy surrounding Pierre Nkurunziza’s third candidacy in April 2015. Were these discourses to be exploited and divergences addressed in time before they led to further violence? The analysis of discourse even raises doubts about this system of power-sharing, especially among new parties, which express publicly what the oldest express in private. Attitudes that insinuate or bluntly suggest the revision of this power-sharing system are evident in both. The resolution of the new crisis caused by the Pierre Nkurunziza’s third term candidacy will probably deal with it.

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