Anaïs Stampfli

RESEARCH FIELD: West-Indian Francophone Literature

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Current research project: The West Indian francophone novel and the debate on languages : from author to readers.

The francophone novel is often regarded as field of strategic issues as to the co-presence of languages. In this respect, West Indies offer a very peculiar situation in which « cacophony » could be considered as a way for various strains (narrative, enunciative and linguistic) to express themselves within the textual frame, with many consequences for the potential readers.

Cacophony, understood as a variant of polyphony, may be a relevent concept to frame the West Indian novel. In its ideological meaning, polyphony refers to a plural reality. A cacophonic novel would then be a novel that takes the risk of confusion to represent plural identity. For the writers of In Praise of Creoleness, its means deceiving the reader’s expectations of clarity to preserve unaltered a multiple identity.

Nevertheless, other West Indian francophone writers such as Simone Schwarz-Bart, Maryse Condé and Daniel Maximin, do not share this point of view. They assert that West Indian linguistic identity can not be summarised in the confrontation of Creole and French. According to them, the point is not to reconquer French through creolization. A distinction should certainly be drawn between a cacophonic writing grounded on linguistic confrontation and a polyphonic writing grounded on harmonized cohabitation of several linguistic fields within a single work.

This thesis thus aims to analyze the linguistic structure of West Indian francophone novel with respect both to its reception and to its writers’ stances.


Le roman antillais francophone dans le débat des langues : de l'auteur aux lecteurs.

Le roman francophone est souvent considéré comme le lieu d’enjeux stratégiques concernant la coprésence d’usages de langue(s). À cet égard, les Antilles présentent une situation tout à fait originale dans laquelle une « cacophonie » pourrait être envisagée comme un moyen d’expression des différentes tensions (narratives, énonciatives ou linguistiques) qui habitent le texte, avec toutes les conséquences que cela peut entraîner pour les lecteurs potentiels.

La cacophonie en tant que dérivé de la polyphonie semble être un outil pertinent pour appréhender le roman antillais : dans son acception idéologique, la polyphonie renvoie à une réalité plurielle. Un roman cacophonique serait quant à lui un roman qui prendrait le risque de la confusion pour présenter telle quelle une pluralité identitaire. Il s’agit pour les rédacteurs de L’Éloge de la créolité d’aller à l’encontre des attentes de clarté du lecteur pour préserver sans altération aucune une identité multiple.

Cependant, d’autres auteurs antillais francophones tels que Simone Schwarz-Bart, Maryse Condé et Daniel Maximin, ne partagent pas le point de vue des signataires de l’Éloge. Ils considèrent que l’identité linguistique antillaise ne peut pas se réduire à une confrontation du créole et du français. Pour ces auteurs, il ne s’agit pas de reconquérir le français en le créolisant. Il y aurait ainsi probablement une distinction à faire entre une écriture cacophonique de la confrontation de langues et une écriture polyphonique de l’harmonieuse cohabitation de plusieurs pôles linguistiques au sein d’une même œuvre.

Il s’agit par conséquent pour ce travail de thèse d’analyser la structure linguistique du roman antillais francophone en prenant autant en compte sa réception que les partis pris des auteurs.